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Le marquage-piquetage doit améliorer la sécurité des réseaux

Le 28 janvier 2013

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La norme NF S70-003-1 parue en juillet 2012 a pour objectif de faire chuter les accidents à proximité des réseaux. Elle réglemente entre autre la première opération sur les chantiers : le marquage-piquetage.


Le marquage-piquetage doit améliorer la sécurité des réseaux

Partie 1 Le marquage-piquetage doit améliorer la sécurité des réseaux

Le constat des professionnels du secteur est sans appel. Chaque année, sur les quatre millions de kilomètres de réseaux en France, il arrive environ 100 000 accidents. Durant des chantiers, des coupures de conduite de gaz ou d’eau, des ruptures de câbles électriques ou téléphoniques peuvent entraîner des incidents graves. Les exemples sont légion partout en France. « L’objectif est de faire baisser sérieusement le nombre d’accidents », explique Jean-Pierre Brazzini, expert auprès de l’AFNOR. L’organisme de normalisation a édité une norme devenue obligatoire le 1er juillet 2012. La norme NF S70-003-1 a pour objectif d’encadrer encore mieux les risques de dommage sur les chantiers impliquant les réseaux. Le marquage-piquetage est l’une des premières opérations réalisées dans un chantier. « C’est obligatoire avant le commencement des travaux. Il est réalisé sous la responsabilité du maître d’ouvrage », poursuit-il. Avec un code de couleurs et des règles très précises, cette étape est encore en pleine évolution.


La norme a établi un schéma clair dans le marquage-piquetage. Il s’agit pour le maître d’ouvrage de repérer et d’identifier, à ses frais, les réseaux enterrés et sur le sol. Le but est de le laisser visible durant tout le chantier pour faciliter les travaux. « Auparavant, c’était une norme expérimentale et générale avec une partie spécifique sur le marquage-piquetage. Elle a été annulée suite à la parution de ce nouveau texte», indique Mélanie Pinatton, chargée du suivi de cette nouvelle norme auprès de l’AFNOR. L'ancien texte avait été réalisé suite à une demande du ministère de tutelle de l’organisme. Désormais, cette nouvelle norme NF S 70-003-1 est obligatoire « ce qui est très rare ». Le marquage-piquetage constitue une des parties qui se veut aussi simple que possible. « Nous avons essayé de simplifier un peu en intégrant un logigramme pour faciliter les travaux sur le terrain », continue-t-elle. Du côté du marquage-piquetage, cela signifie des codes couleurs très précis, un marquage à la bombe de peinture si les travaux sont réalisés en ville ou avec des piquets sur lesquels le code couleurs est reporté lorsque les travaux se font en milieu rural. La norme définit aussi avec précision qui est en charge de cette opération.


La règle est simple : normalement, c’est au maître d’ouvrage de réaliser le marquage-piquetage. Mais en réalité, il peut y en avoir deux types. L’exploitant de réseau peut se charger lui-même de réaliser le marquage-piquetage. Par exemple, dans le cadre d’un chantier impliquant le repérage d’un réseau de gaz, le technicien repère le réseau, le marque à l’axe et pour plus de sécurité, le marque à quarante centimètres de chaque côté. Toutefois, cela n’empêche pas le maître d’ouvrage, si les plans ne sont pas assez précis, de recourir par délégation à une entreprise de détection qui va elle aussi procéder à un marquage. Ce déploiement de marquage risque de nuire aux marques tracées sur le sol. « Il faut pouvoir tracer les opérations. Ce n’est pas encore rentré dans les mœurs », estime Laurent Miot, ingénieur chez Faynot Industries, spécialiste des solutions de marquage-piquetage. Pour cela, l’entreprise travaille actuellement sur une solution. Accompagnée d’une rondelle, une pointe respectant le code couleur permettrait de rendre plus précis les opérations de marquage. L’autre problème que l’entreprise essaie de résoudre est la pérennité du marquage tout au long du chantier. « Nous travaillons sur des bandes amovibles qu’on pourrait enlever après les travaux », précise-t-il. De même, un système de rondelles et de pointes plus importantes pourrait être mis en œuvre pour signaler aux chefs de chantier les points sensibles, nœuds de raccordement ou imbrication de différents réseaux. « La norme a beaucoup compliqué le travail. Cela donne des plans très riches et il y a une confusion lors de leur lecture », ajoute-t-il.


Un compte-rendu est supposé traduire ce marquage. « Le marquage donne lieu à un procès-verbal entre le maître d’ouvrage et l’entreprise qui fait le marquage », assure Jean-Pierre Brazzini. Ce n’est pas une nouveauté pour Mickaël Lucas, de l’entreprise Visioréso. Lorsqu’il réalise de la détection de réseaux, il réalise aussi un marquage qui donne lieu à un compte-rendu. « De moi-même, j’élabore un rapport pour expliquer les limites de la discipline ou les problèmes qui peuvent apparaître en sous-sol », assure-t-il. Pour l’instant, si on ne lui a pas encore demandé de procès verbal, il indique : « Nous sommes dans une période transitoire ». S’il est armé pour mettre en place la nouvelle réforme, avec le géo-référencement surtout, ce n’est pas encore le cas de tous ses clients.


La nouvelle norme a le mérite de faire évoluer les choses. De plus en plus de peintures sont faites sur une base aqueuse. Faynot Industries travaille sur une pointe et une rondelle dans laquelle se trouverait une puce RFID. Les données de géo-référencement y seraient stockées. « Elle serait certifiée par un géomètre en début de chantier qui garantira ce référentiel et permettrait à tous les géomètres qui viendront ensuite de se caler sur le référentiel rentré dans la puce », détaille-t-il. Ce genre d’innovation fournirait également un plan en coupe transversale du réseau et pérenniserait le marquage tout au long d’un chantier. Si le marque-piquetage a été rendu obligatoire, c’est avec l’objectif de travailler avec précaution à proximité des réseaux, selon Jean-Pierre Brazzini. « Il y a des changements d’habitude, mais nous allons voir, au fur et à mesure, les points à améliorer », affirme-t-il. La cartographie en temps réel sera un nouvel outil qui ne remplacera pas le bon usage du marquage-piquetage sur le terrain. « Il faut quelqu’un pour réimplanter sur le site les réseaux qui sont sur les plans », confirme Mickaël Lucas.


Mathieu Liénard


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