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Les exploitants de réseaux mobilisés avant l’hiver

Le 02 décembre 2013

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A l’approche de la période hivernale, les exploitants de réseaux d’eau, de gaz ou d’électricité mobilisent leurs moyens en cas de difficultés liées aux conditions climatiques.


Les exploitants de réseaux mobilisés avant l’hiver

Partie 1 Les exploitants de réseaux mobilisés avant l’hiver

Les images reviennent de plus en plus souvent. Équipes d’intervention haut perchées pour rebrancher les lignes électriques, techniciens occupés à rétablir l’eau après une rupture de canalisation, cela fait presque partie du quotidien lorsque l’hiver commence à faire souffrir les différents réseaux. Tous les réseaux ne sont cependant pas aussi sensibles. Celui du gaz reste le plus stable et le moins problématique selon GrDF. « Il va y avoir plus de débit, mais le réseau est conditionné pour cela  », affirme-t-on chez le responsable du réseau de gaz français. Le problème le plus fréquent arrive plutôt chez les consommateurs. En cas de fortes baisses des températures, il peut arriver que les détendeurs gèlent. De même pour les postes de répartition qui peuvent aussi subir les affres des chutes de températures. Quant au réseau proprement dit, les canalisations, le gaz ne peut geler qu’à très basse température. Aucun risque d’avoir des problèmes d’approvisionnement, sauf en cas de problème chez le distributeur.


Les réseaux les plus problématiques sont l’eau et l’électricité. Une nouvelle fois, les principaux risquent se situent chez le client. « Du point de vue de l’entretien, il n’y a aucune difficulté particulière. L’hiver se fait surtout sentir au niveau des branchements et chez les abonnés  », note Jean Bradosche, directeur d’exploitation pour la SAUR. L’entreprise, comme son concurrent Veolia, a mis en place des systèmes de prévention donnant aux abonnés des instructions pour protéger leur compteur d’eau, le point névralgique du réseau d’eau potable. La SAUR se prémunit aussi en se fiant à la carte thermique du territoire national. Grâce à cette carte, la société d’exploitation retient des zones de vigilance, là où le gel peut frapper de manière inattendue. « Pour ce qui concerne les réseaux, Veolia Eau assure tout au long de l’année des opérations de recherche de fuites afin d’effectuer les opérations nécessaires et, d’autre part, localiser les réseaux les plus fragiles  », explique Louis-Marie Pons, directeur clientèle chez Veolia Eau.


Évidemment, la période hivernale est propice à des casses sur le réseau. « Compte tenu des mouvements du sol au moment du dégel, c’est aussi dans cette période que peuvent se produire des casses de canalisation  », poursuit le responsable de Veolia. Une casse difficile à chiffrer puisqu’elle rentre dans le coût global de l’exploitation, de la rénovation et de la remise en état du réseau. Même chose pour la SAUR qui rencontre avant tout des problèmes d’approvisionnement. « Nous avons des problèmes avec des réservoirs qui ne sont pas protégés. Nous passons alors par du pompage. Cela engendre des coûts supplémentaires  », indique Jean Brodasche. Là aussi, ces coûts sont difficiles à chiffrer. L’impératif le plus important en cas de casse chez l’abonné ou sur la voie publique est l’intervention rapide. Veolia a mis en place un plan d’intervention dans les deux heures où une fuite est déclarée à leurs services. La seule condition est qu’il faut que le gel n’empêche pas les travaux. Les moyens humains sont aussi les mêmes que le restant de l’année. Environ 5 000 agents sont d’astreinte tous les jours et à toutes les heures du jour et de la nuit. Leur concurrent de la SAUR, avec un réseau moins étendu, mobilise en conséquence chaque hiver environ 400 agents la nuit pour assurer des astreintes en cas de coup dur.


Pour protéger les canalisations du gel, il existe aussi une solution appelé Exogel. C'est une vanne antigel thermostatique basée sur le même principe que la purge. Lorsque la température baisse (1°C), Exogel s’ouvre et permet à l’eau de s’écouler. Ainsi, l’eau  provenant des parties les plus chaudes en amont du circuit rehausse la température et Exogel se referme (4°C). Elle est prête pour un nouveau cycle. L’évacuation de l’eau se fait sous forme de gouttes ou de filet d’eau selon la température.
Il est facile de l’installer puisqu’elle se visse sur un simple « T » en laiton qui relie l’installation à la canalisation (Robinetteries extérieures, compteurs, pompes à chaleurs, abreuvoirs, cuves…).


Une force d’intervention rapide électricité ou FIRE, ErDF en a créé une depuis la tempête de 1999. Cette force mobilise instantanément 2 500 agents de l’entreprise formés pour intervenir sur le terrain partout en France. Ces employés sont d’astreinte vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sont intervenus dans le cadre des fortes tempêtes comme Klaus ou Xynthia. « Dès que nous jugeons que nos équipes sur place ont besoin de renforts, nous déclenchons la FIRE  », assure Philippe Gluck, haut responsable chez ErDF. Le réseau électrique est aussi fragile que le réseau d’eau, car, si certains exploitants électriques comme la SICAE de La Ferté Alais a enterré tout son réseau électrique, ce n’est pas le cas d’ErDF. « Sur l’ensemble du territoire, environ 41 % du réseau est enfoui  », signale-t-il. Il est impossible d’enterrer l’ensemble du réseau et cela porte à préjudice dans certaines zones. L’exploitant s’en est rendu compte lors de la tempête Xynthia. Une partie du réseau se trouvait sous terre et s’est retrouvé noyé par les vagues de submersion. « Il a fallu sécher tous les conducteurs. L’enfouissement est utile mais pas magique  » sur l’ensemble des 1,3 millions de kilomètres de ligne moyenne et basse tension que l’entreprise publique a en charge.


La fonction d’ErDF est d’assurer l’électricité pour les usagers de l’Hexagone. L’entretien du réseau est constant. En 2012, environ trois milliards d’euros ont été investis pour le renforcer et le moderniser afin que le réseau réponde aux nouvelles attentes et aux nouveaux usages des consommateurs. Ce chiffre a doublé depuis 2005. « Nous sommes en veille toute l’année. Nous vérifions sur le terrain par les équipes d’exploitation. Nous utilisons des hélicoptères pour vérifier l’utilisation des lignes  », précise Philippe Gluck. Dans les zones les moins accessibles, des drones ont fait leur apparition pour assurer la surveillance de chantiers difficiles d’accès. L’exploitant mène également des campagnes d’élagage pour éviter les futures chutes d’arbre. « A l’approche de l’hiver, nous avons plusieurs systèmes de veille  », enchaîne-t-il. Un système d’alerte météo du nom de Jéricho, créé en collaboration avec Météo France, donne des prévisions sur trois jours. Sur le système de lignes à moyenne tension, tout fonctionne automatiquement. Ce n’est pas encore le cas sur la basse tension, puisqu’il s’agit du réseau de l’usager. L’arrivée des compteurs communicants devrait changer la donne et pourra rendre intelligente la future détection des avaries sur le réseau domestique.


Mathieu Liénard


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