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Portrait de Jean-Pierre Brazzini : la sécurité avant tout

Le 17 septembre 2012

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Jean-Pierre Brazzini est retraité de la direction de la recherche chez GDf-Suez et vice-président de la FSTT. Il a participé à l’élaboration de la réforme DT-DICT.


Portrait de Jean-Pierre Brazzini : la sécurité avant tout

Partie 1 Portrait de Jean-Pierre Brazzini

Il est un tout jeune retraité. Depuis le mois de juillet, cet ancien ingénieur de la direction de la recherche chez GDF-Suez, n’a pas encore délaissé entièrement les activités connexes de son travail. S’il ne travaille plus dans son entreprise, il est toujours vice-président de l’association France Sans Tranchées Technologies (FSTT). Cependant, son nouveau statut lui laisse plus de temps pour profiter de la vie et de ses deux filles qui, comme il le dit lui-même, « volent de leurs propres ailes ». Ouvert et curieux de nature, il apprécie avant tout la découverte lorsqu’il part en vacances. « J’aime découvrir ce qu’il y a. Je passe mes vacances dans des régions différentes », raconte-t-il. Randonnées et visites sont de mise pour agrémenter les découvertes.


Cette ouverture d’esprit lui a aussi collé à la peau dans sa vie professionnelle. A 64 ans, son parcours apparaît atypique. Pas d’école supérieur ou d’école d’ingénieur, du moins pas tout de suite. « J’ai d’abord été technicien », se souvient-il. De là à intégrer la direction de la recherche chez GDF-Suez, il y avait plus qu'un pas. « J’ai fait différentes activités car j’étais curieux », poursuit-il. Sa carrière débute dans le tourisme. Plus tard, il a mis à profit un licenciement économique pour reprendre une formation d’électronicien. A cette époque, il entre chez EDF, dans le domaine des éclairages publics. Lors des échanges d’employés entre les deux structures EDF et GDF, il en profite et bascule du côté du géant gazier. Ce parcours, il l’a choisi. « J’ai profité des opportunités qui m’ont amené à découvrir de nouvelles activités », indique-t-il. A son arrivée dans le groupe GDF, il intègre la direction de la recherche et s’occupe de travaux de pose, d’entretien, et de maintenance de réseau. « Le domaine sans tranchées était en plein développement », se souvient-il.


Il choisit alors de jouer un rôle dans son domaine. « GDF s’est imposé dans la FSTT et m’a désigné pour participer aux ateliers scientifiques. Cela a eu lieu, il y a plus de vingt ans », confie-t-il. Et il continue de les animer aujourd’hui, notamment pour faire découvrir de nouvelles technologies aux maîtres d’ouvrage. Cette expérience au sein de la FSTT lui a aussi servi dans son métier au sein de GDF-Suez. « J’ai découvert des choses au plan technique comme la pose des réseaux ou la réhabilitation. J’ai découvert des professions comme les canalisateurs », remarque-t-il. Cette arrivée dans l’association l’a aussi aidé à se mettre en contact avec des entreprises ou des maîtres d’ouvrage du milieu public. Son activité associative a alors rejoint, en partie, son activité de militant syndicaliste à la CGT. Un domaine dans lequel il a toujours eu à cœur de mettre la sécurité en avant. Son implication a surtout été mise en valeur dans le cadre du CHSCT de GDF-Suez. Une nouvelle fois, dans la FSTT, son rôle sera et continue d’être celui-là : renforcer la sécurité.


Lors de la formation des groupes et des ateliers mis en place dans le cadre de la future réforme sur les DT-DICT, l’expertise de Jean-Pierre Brazzini y trouve toute sa place. Cela se déroule en 2008. A cette époque, quatre explosions de gaz dues à des travaux sur la voie publique coûtent la vie à deux personnes et font une cinquantaine de blessés. Une polémique entre GDF et les entreprises de travaux publics enfle et complique la situation. Si la réforme a pour but de définir les rôles de chacun, en donnant une plus grande responsabilité au maître d’ouvrage, l’aspect sécurité est devenu primordial. Mieux connaître le maillage des réseaux enterrés est un élément indispensable. « Je me suis retrouvé dans un domaine dans lequel je me suis encore plus impliqué », note Jean-Pierre Brazzini. « L’intérêt de ces quatre années réside dans le travail avec le ministère pour trouver un consensus car les intérêts étaient contradictoires ». Et de relever que réaliser une réglementation en se basant sur un consensus « était ambitieux ». Sa connaissance des différents acteurs et sa place au sein de la FSTT ont joué pour beaucoup dans la réussite de ce consensus. « Salarié de GDF-Suez et militant syndical, je connaissais le métier de canalisateur de par mon rôle à la FSTT », affirme-t-il. Son rôle a aussi contribué à ce que le consensus perdure au-delà de la mise en application de la réforme depuis le 1er juillet dernier. Pour cela, avec le ministère en charge de l’environnement, il a permis la création de l’observatoire national des DICT. Constitué en février dernier, cet observatoire aura pour principale activité l’analyse des retours des différentes expériences, ainsi que l’amélioration des pratiques sur le terrain et une sensibilisation accrue aux règles de sécurité et à la nouvelle réglementation en vigueur. Il permettra aussi de maintenir la cohésion entre les différents acteurs de la réforme en faisant en sorte que chacun ne tire pas la couverture à lui seul.


Tout est encore loin d’être parfait, surtout sur le point des entreprises de détection et de localisation des réseaux enterrés. D’après lui, l’année de report avant l’application de la nouvelle réglementation des DT-DICT ne peut qu’être une bonne chose car il existe aujourd’hui trop peu d’entreprises de ce type. « C’est un point que l’ensemble des acteurs aurait dû anticiper et faire un effort pour aider la profession à se développer », insiste-t-il. Selon lui, il s’agit d’un des points clefs qu’il faudra analyser au plus vite. Les expérimentations en cours à Perpignan et Orléans aideront peut-être le nouvel observatoire à améliorer ce point crucial. « Les trois acteurs principaux y ont leur responsabilité. Les exploitants de réseaux, la FNTP et les maîtres d’ouvrage doivent aider cette nouvelle profession à monter en puissance », enchaîne-t-il. Car c’est un marché considérable qui va s’ouvrir « avec des compétences diverses ».


Mathieu Liénard


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