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Eau potable : Halte aux fuites !

Le 02 juin 2014

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Les canalisations françaises d’eau potable sont vétustes. D’après une récente enquête de l’association 60 millions de consommateurs, un litre d’eau sur cinq est perdu dans des fuites sur les réseaux. Face à ce constat inquiétant, les gestionnaires multiplient les interventions pour réparer les conduites défectueuses.


Eau potable : Halte aux fuites !

Partie 1 Un patrimoine vieillissant et peu connu
Partie 2 Détecter et réparer les fuites d’eau sur le réseau
Partie 3 Des réseaux d’eau potable plus intelligents

En coopération avec la Fondation France Libertés, 60 millions de consommateurs a dressé un palmarès des fuites d’eau potable dans 101 villes préfectures de la métropole et des DOM. Leur enquête, publiée en mars 2014, s’appuie sur les données récoltées en 2011 par l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques. Elle révèle qu’un litre d’eau potable sur cinq est perdu dans des fuites en France. En effet, sur les 850 000 kilomètres de canalisations, 1 300 des 6 000 milliards de litres produits sont gaspillés du fait de fuites chaque année. C’est tout de même l’équivalent de 430 piscines olympiques ! D’après l’organisation de défense des consommateurs, deux villes sur trois n’atteignent pas l’objectif national fixé par la loi Grenelle II de 2010 visant à limiter le taux de fuite à 15% d’eau produite. Pire, dans un quart des préfectures, ce taux dépasse allègrement les 25%.
Ces pertes, dues à des mouvements de sols ou à des branchements et poses défectueux, entraînent un affaiblissement du rendement. « À travers ces enquêtes, l’état du réseau français est encore pointé du doigt, estime Luc Bade, directeur commercial chez le spécialiste des détections de fuites d’eau, Gutermann. « Nos canalisations sont vétustes, elles datent en majorité d’après la deuxième guerre mondiale. » Certaines conduites atteignent même la centaine d’années dans des centres-villes comme celui de Paris. « Après un siècle de travaux, les plans de renouvellement de réseaux d’eau potable ne sont pas nombreux », constate Maxime Kieffer, responsable commercial chez Sewerin, fabricant de matériels électroniques de détection de fuites. Selon les chiffres cités par la Fédération des professionnels de l’eau (FP2E), seul 1% du réseau est changé chaque année. « La connaissance de l’état du patrimoine ainsi que son renouvellement sont devenus un enjeu majeur », indique le ministère de l’Environnement sur son site internet. De plus en plus, les gestionnaires réalisent des sondages et des inventaires de réseaux. « Nous avons peu d’informations sur les canalisations françaises en eau potable. Nous avons accès à quelques plans et connaissons leurs dates de pose. Rien de plus ! », se désole Luc Bade. En parallèle de la récolte d’informations plus précises sur les conduites qui jalonnent nos sous-sols, les exploitants de réseaux partent à la recherche des nombreuses fuites.


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