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Energie : le fiasco de l’ouverture à la concurrence

Le 16 juin 2015

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Le Médiateur de l’énergie dresse mardi un bilan « plus que mitigé » de la concurrence dans le gaz et l’électricité. L’ouverture, qui reste très partielle, ne rime pas avec baisse des prix et les litiges avec les fournisseurs progressent.


Energie : le fiasco de l’ouverture à la concurrence

Partie 1 Le fiasco de l’ouverture à la concurrence

Le constat est sans appel.  "Sept ans après l’ouverture à la concurrence, le marché de l’énergie peine toujours à trouver son rythme de croisière" , note Jean Gaubert, le Médiateur national de l’énergie dans son rapport annuel publié mardi. Il dresse un bilan « plus que mitigé » de la concurrence dans le gaz et l’électricité en France, soulignant que l’ouverture aux concurrents reste très partielle, et surtout, qu'elle est loin d’être synonyme de baisse des prix. Au contraire.


D'ailleurs peut-on vraiment parler de concurrence ? "Si une courte majorité de Français sait qu’il est possible de changer de fournisseur, seuls 10% des ménages ont franchi le pas". Autrement dit, ce sont toujours les anciens monopoles historiques, EDF et Engie (ex-GDF Suez), qui se taillent la part du lion. Dans le gaz, les "nouveaux entrants" n’ont convaincu que 16,7% des consommateurs particuliers. Ils sont moins nombreux encore dans l’électricité, où à fin 2014 ils n’ont pris que 9,6% du marché.


Des factures en forte hausse


Mais le principal échec est à chercher du côté des factures. La concurrence était censée se traduire par une baisse des prix. Or, "celle-ci est loin d’être au rendez-vous, particulièrement pour l’électricité", note le Médiateur. L’autorité, créée en 2006 pour défendre les consommateurs d’électricité et de gaz, calcule ainsi que la facture d'électricité s’est envolée de 49% en moyenne depuis 2007 pour les clients aux tarifs réglementés équipé d'un chauffage électrique et de 56% pour ceux qui utilisent un autre mode de chauffage.


Même échec avec le gaz, la hausse sur la même période atteint 36% pour les clients aux tarifs réglementés qui se chauffent avec cette énergie. Au total, un ménage français consacre en moyenne 3.200 euros par an à l’énergie, dont 1.850 euros à l’énergie domestique et 1.350 euros au carburant, rappelle le Médiateur, sur la base des chiffres de 2013 publiés par le Commissariat général au développement durable. Cette envolée des factures est allée de pair avec une explosion des cas de "précarité énergétique".


Et pour couronner le tout, pour "les consommateurs qui ont franchi le pas (du changement de fournisseur, NDLR), la satisfaction n’a pas toujours été au rendez-vous en termes de qualité de service", souligne l’autorité, qui pointe une recrudescence de litiges, concernant des fournisseurs nouveaux entrants, comme le belge Lampiris ou l’italien Eni. Le médiateur évoque notamment des difficultés « à émettre les factures, à résilier les anciens contrats, à rembourser les trop-perçus... ».


Chèque énergie


Au total, le médiateur de l’énergie a été saisi de 14.412 réclamations en 2014, c'est 4,2% de moins qu'en 2013. Un peu moins d’un tiers d’entre elles ont été jugées recevables, et une « solution satisfaisante » y a été trouvée dans 65% des cas. Le médiateur salue par ailleurs la mise en place prévue par la loi sur la transition énergétique du chèque énergie pour les plus modestes et souhaite la mise en place d'un "fournisseur de dernier recours", comparable au service bancaire universel, pour les ménages faisant l'objet d'une résiliation de contrat à l'initiative du fournisseur.


Source : www.lesechos.fr


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