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Energie : pourquoi faut-il accompagner les réseaux électriques et gaziers ?

Le 20 octobre 2014

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La loi sur la transition énergétique s'intéresse aux extrémités de la chaîne de l'énergie mais le poids des infrastructures dans le prix du gaz et de l'électricité demande aussi d'être rigoureusement étudié.


Energie : pourquoi faut-il accompagner les réseaux électriques et gaziers ?

Partie 1 Pourquoi faut-il accompagner les réseaux électriques et gaziers ?

L’Europe de l’électricité et du gaz a défini "son terrain de jeu", actuel au tournant des années 2000 au travers des différentes Directives dites "paquets énergie". Quelles sont les règles économiques mises en place par ces textes et leur déclinaison française ?


En séparant les activités de fourniture des activités de réseau (transport au sens large et distribution), les directives ont créé un environnement propice à la concurrence sur la partie fourniture et à la baisse des prix.


Investir pour s'assurer de meilleurs revenus


Pour le réseau, le raisonnement est moins immédiat : le gestionnaire de réseau est rémunéré sur base de la valeur de ses actifs amortis (ses tuyaux ou ses lignes et postes...). Par conséquent, s’il veut maintenir un niveau constant de revenu, il se doit en premier lieu d’investir, et ce à la hauteur de ses efforts passés. Le fournisseur d’énergie gaz ou électricité gagne parce qu’il augmente significativement le nombre de ses clients s’il pratique des prix attractifs. Le gestionnaire de réseau est quant à lui sûr de voir son revenu baisser, s’il n’est plus capable d’investir comme par le passé.


Cette situation profite-t-elle au client final ? Rien n’est moins sûr... En effet, pour transformer le revenu en tarif, le gestionnaire de réseau, contrôlé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), divise ce premier par une vision de son portefeuille client aujourd’hui et à venir. Il obtient le tarif d’accès ou tarif d’utilisation : un paramètre intensif qui représente bien la charge de l’existant sur les clients actuellement raccordés.


On comprend ainsi aisément que la prévision des clients, de ses consommations ou de puissance maximale d’appel et donc l’existence d’une orientation de politique énergétique stable et prévisible est vitale pour ces entreprises. On comprend aussi par la même occasion que la baisse de consommation ou de puissance appelée, ce n’est pas bon pour le prix d’utilisation des réseaux (et donc le prix des énergies). En clair, à effort d’investissement constant, la baisse de consommation augmentera très significativement les tarifs du gaz et de l’électricité.


Mettre en place une adéquation économique stable


Pour l’instant, les gestionnaires de réseau français maintiennent des prévisions d’évolution clientèle prudentes : c’est un peu le statu quo entre investissements résolus (interconnexion, fluidification…) et une prévision de portefeuille client qui se déforme très doucement. Il n’est point encore question de la gestion de la décroissance induite par le projet de Loi. Seuls les non régulés - c'est-à-dire les infrastructures qui fixent librement leurs conditions commerciales comme le stockage de gaz naturel - font les frais du changement de modèle énergétique.


Si j'étais un gestionnaire de réseau aujourd'hui en France, je me poserai bien évidemment la question suivante : comment me préparer à gérer la décroissance durable de mon activité ? Et comment maintenir une profitabilité tout en garantissant une hausse modérée de mes tarifs ainsi qu'un niveau de service constant ?


Le cadre de transition énergétique ne se doit pas seulement d’expliquer qu’on diminuera de n% la consommation d’énergie. Si on veut effectivement protéger les consommateurs, il est urgent que les administrations compétentes transforment ces éléments en un cadre cohérent pour les gestionnaires de réseau afin de garantir une adéquation toujours économiquement viable entre la baisse de leurs revenus et les investissements et charges d’exploitation acceptables.


Source : www.lesechos.fr - Alexandra De Angelis

 


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