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Les interconnexions électriques encore insuffisantes en Europe

Le 23 mars 2015

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Un rapport pointe le manque d'infrastructures permettant un transport d'électricité fluide entre les pays européens.


Les interconnexions électriques encore insuffisantes en Europe

Partie 1 Les interconnexions électriques encore insuffisantes en Europe

Le réseau électrique européen est-il suffisamment maillé ? Alors qu'une éclipse solaire de grande ampleur doit se produire ce vendredi, la question se pose avec insistance. L'approche européenne des réseaux recommande en effet que les interconnexions se développent le plus possible, de manière à assurer des transferts de courant efficaces entre les pays. Or le système reste largement à optimiser, comme le prouve le rapport Energie, l'Europe en réseaux remis le 23 février à François Hollande. Son auteur, Michel Derdevet, Secrétaire général et membre du directoire d'ERDF, est l'un des spécialistes reconnus des réseaux énergétiques et de la politique européenne de l'énergie.


Selon lui, l'Europe dispose encore d'une solide marge de progression en termes d'interconnexions: «Il existe encore douze pays peu ou mal interconnectés, surtout en électricité, tels la péninsule ibérique, l'Angleterre, l'Italie. L'objectif d'accroître les liaisons physiques entre les Etats doit donc guider nos efforts communs. Plus d'interconnexions, c'est en effet plus de solidarité, d'échanges et de sécurité pour tous les européens.» Et de chiffrer les budgets nécessaires au renforcement des infrastructures: en mai 2013, José Barroso, alors président de la Commission européenne, évoquait pour les dix prochaines années 400 milliards d'euros pour la distribution et 200 pour le transport, électricité et gaz confondus. «Plus récemment, la Commission européenne a estimé que l'investissement nécessaire pour atteindre l'objectif de 10 % d'interconnexion électrique dans l'ensemble de l'Union européenne était de l'ordre de 40 milliards d'euros.»


Parmi les derniers grands travaux significatifs, la France et l'Espagne ont inauguré fin février une ligne à très haute tension reliant le Roussillon à la Catalogne. L'investissement total s'est élevé à 700 millions d'euros. Le chantier, qui a duré trois ans, s'est caractérisé par le percement d'un tunnel de 8,5 kilomètres, une prouesse technique, au coeur du massif pyrénéen. Mais si on a beaucoup parlé de cette nouvelle liaison France-Espagne, c'est aussi parce qu'elle a été construite après un quart de siècle de procédures en tous genres.


Adapter la réglementation financière pour renforcer les infrastructures


Selon Michel Derdevet, face à cette «montagne» d'investissements que nécessite le renforcement des interconnexions, il faut faire preuve d'imagination: réintroduire une perspective longue dans les financements, adapter la règlementation financière, encourager et amplifier l'investissement public, en permettant notamment d'amortir dans le calcul des déficits publics les investissements réalisés dans les infrastructures énergétiques.» C'est d'autant moins impossible que dans plusieurs pays, les pouvoirs publics semblent avoir compris l'importance de mailler le continent.


Ainsi la France: dans le rapport remis à la présidence de la République - et qualifié par elle d'«apport solide au moment où la Commission européenne évoque une «Union de l'énergie» - il est rappelé que l'Hexagone a une grande tradition de «bâtisseur d'infrastructures». «Dès 1951, nous fûmes ainsi à l'origine de l'Union pour la coordination de la production et du transport de l'électricité (UCPTE) et ces vingt dernières années, le discours et les actes ont prouvé notre engagement en la matière», note Michel Derdevet. «Là où je suis optimiste, c'est que la transition énergétique, et notamment l'arrivée des renouvelables , amène d'autres grands pays, notamment l'Allemagne, à nous rejoindre autour de cette vision», conclut-il.


Source : www.lefigaro.fr


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