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La détection de gaz, priorité des exploitants de réseaux !

Le 25 mars 2013

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Rechercher et traiter une fuite de gaz fait partie des priorités des exploitants de réseau. En charge de la sécurité de leurs abonnés, ils investissent sur le matériel de recherche et la rénovation.


La détection de gaz, priorité des exploitants de réseaux !

Partie 1 La détection de gaz, priorité des exploitants de réseaux !

Le gaz est une énergie présente presque partout en France. Au total, environ 9100 communes bénéficient du gaz sur leur territoire et onze millions de consommateurs l’utilisent dans leur vie quotidienne. Si la proportion de communes à l’air faible, plus de 75 % de la population voit le gaz naturel arriver chez elle. Du gaz importé à 98 % par GRT Gaz et distribué ensuite sur l’ensemble de l’Hexagone par GrDF, le principal exploitant de réseau de gaz. Globalement, le distributeur historique assure aujourd’hui 96 % de la distribution de gaz en France. Il exploite un réseau d’environ 193 000 km sur toute la France, quand l’entreprise locale de distribution (ELD) Régaz à Bordeaux exploite un réseau d’un peu plus de 3 300 km sur Bordeaux et son agglomération. Au-delà du simple acheminement du gaz dans les foyers des abonnés, les ELD et GrDF, qui n’a pas souhaité répondre à nos questions, misent beaucoup sur la sécurité. Ceci est encore plus vrai chez les petits exploitants de réseau qui s’équipent de mieux en mieux et n’hésitent pas à réaliser de gros investissements sur la sécurité. « Pour nous gazier, la sécurité, c’est tous les jours. Cela fait partie de notre devoir de protection des personnes et des biens », assure Dominique Herzog, directeur de Réseau GDS à Strasbourg.


Ainsi, Régaz a créé un service regroupant cinq agents pour s’occuper de la sécurité de l’ensemble de son réseau. Ce service, qui vient de fusionner avec un service de recherche et de réparation de vanne, compte deux nouveaux agents. Cela permet au distributeur de proposer ses services ailleurs. « Nous réalisons des prestations extérieures pour d’autres ELD », précise Yannick Guinard, responsable de la sécurité chez Régaz. Outre la main d’œuvre, le matériel devient aussi important. Régaz utilise des véhicules de surveillance et de recherche de fuites. Un seul véhicule coûte quelque 90 000 €. Extrêmement performants, ces voitures équipées d’un appareillage laser pour repérer les éventuelles fuites sillonnent les rues de la ville. Réseaux GDS à Strasbourg a opté pour des quads afin de surveiller ses 1 770 km de réseau, le tout étalé sur 92 communes. Ces véhicules légers de sondage disposent de détecteurs automatiques. Equipés également d’appareils de géolocalisation, ils permettent un suivi en continu, mais aussi un report des fuites trouvées dans la journée dans le SIG. En règle générale, le nez des agents et celui des passants permet de repérer l’odeur du gaz. Ce traitement correctif des fuites n’empêche pas un traitement préventif. « La recherche de fuite se fait avec une fréquence de deux fois par an pour les réseaux inférieurs à un bar. Pour tout le reste, c’est une fois tous les trois ans », affirme le responsable de Réseau GDS.


Outre les véhicules, l’appareillage est varié pour détecter les fuites de gaz. La société Géowest, basée à Rennes, emploie différentes techniques, allant du corrélateur acoustique sur les réseaux en métal à un détecteur, sorte de renifleur, pour le gaz de ville, jusqu’au gaz traceur sur les réseaux de gaz plus lourd comme le propane ou le butane. L’entreprise, spécialisée uniquement dans la recherche de fuites, utilise des appareils normés pour évoluer dans des atmosphères explosives. « Nous travaillons sur des réseaux anciens qui fatiguent ou sur des réseaux neufs, mais qui ont connu un problème lors de la pose. La réseau âgé d’une dizaine d’années rencontre rarement des problèmes », assure Hervé Hubon, gérant de Géowest. Chez les distributeurs, le type de réseaux, en fonte ou en polyéthylène, engendre plus ou moins de problèmes. « Nous avons encore pas mal de réseaux en fonte », explique Yannick Guinard, chez Régaz. Cela implique des campagnes de réfection et de remplacement de la fonte cassante par du PE. « Notre réseau compte parmi les plus récents de France », assure Dominique Herzog. L’ELD strasbourgeoise a un réseau presque intégralement en polyéthylène sur la moyenne pression et de la fonte de dernière génération pour la basse pression. « Nous avons renouvelé en quatre ans un nombre impressionnant de kilomètre de réseau », souligne-t-il. Grâce à cela, l’ELD est passée de 350 fuites détectées, il y a cinq ans, à 200 fuites détectées en 2012. « Les actions de prévention ont permis d’éliminer les fuites dans les coffrets », remarque-t-il.


Reste encore à éliminer la fuite détectée. L’ELD bordelaise a opté pour un système moins contraignant que le terrassement à tout crin. « Nous faisons un sondage car le terrassement est un coût important », précise Yannick Guinard. En cas de fuite, l’exploitant peut compter sur une DICT accélérée pour réaliser ce type de travaux aussi vite que possible. Toutes les caisses de forme sont marquées sur le sol et les trous sont réalisés tous les mètres. « Nous savons exactement où nous pouvons percer. Là où le gaz remonte le plus vite, c’est là où se trouve la fuite », poursuit-il. Ensuite, seul l’indice ppm (NDLR : partie par million) permet de savoir s’il faut faire sortir un agent. « Quand l’indice est supérieur à 15 ppm, nous faisons sortir quelqu’un de jour comme de nuit. » Là aussi, les travaux réalisés et les fuites réparées sont relevés sur le SIG. « Cela permet de prioriser le réseau que l’on va traiter », affirme-t-il. Surtout, le directeur de Réseau GDS note une vraie prise de conscience du risque lié aux explosions. La nouvelle norme de risque d’endommagement a permis aux entreprises de BTP d’être plus attentives lorsqu’elles agressent un tube contenant du gaz. L’exploitation du réseau de gaz est surveillée par la Dreal. « Nous rendons des comptes au ministère », explique-t-il. Surtout, une telle surveillance permet d’éviter des catastrophes, ce dont les ELD souhaitent se prémunir, en assurant le meilleur service public possible.


Mathieu Liénard

 


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