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L’énergie éolienne a le vent en poupe en France

Le 29 mai 2015


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Perçue à la fois comme une source de revenus alternative et comme un moyen de développer sérieusement les énergies renouvelables en France, l’électricité éolienne revêt une importance particulière à l’heure de la transition énergétique. Le gouvernement, qui mise sur les énergies vertes, facilite de plus en plus l’installation des parcs éoliens.




Le projet de loi relatif à la transition énergétique suit son cours parlementaire en France. Son adoption, certaine, permettra à l’Hexagone d’entrer pleinement dans la lutte contre le réchauffement climatique, grâce à des mesures telles que la réduction de la consommation énergétique globale, d’une part, et l’augmentation des énergies renouvelables (EnR) dans le mix énergétique tricolore, d’autre part. Avec une puissance de 8 807 MW raccordée au réseau électrique (fin septembre 2014), le parc éolien français joue un rôle majeur dans le développement des EnR.


Des mâts sans pales devraient voir le jour d’ici un an


C’est notamment sur la puissance électrique issue de l’éolien que la France entend se reposer, pour respecter son engagement de porter à 23 % la part des énergies vertes dans son mix énergétique d’ici 2020. Et honorer, ainsi, l’objectif fixé par le Paquet Energie-Climat, le plan d’action présenté par la Commission européenne en 2008 afin d’aider l’Union européenne (UE) à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES).


La France a toutes les cartes en main : elle possède le deuxième gisement éolien d’Europe derrière le Royaume-Uni ; s’il est actuellement uniquement constitué d’éoliennes terrestres, les premiers parcs offshore – éoliennes disposées en mer, au large des côtes – devraient voir le jour à l’horizon 2020. EDF a d’ailleurs fait de l’éolien sa figure de proue dans le développement des énergies nouvelles. L’énergie du vent est effectivement la filière principale du groupe EDF Energies Nouvelles (EDF EN) – détenu à 100 % par l’électricien tricolore –, avec 87 % de sa capacité totale répartie entre l’Amérique du Nord et l’Europe.


Les éoliennes n’ont pas seulement la cote auprès des pouvoirs publics ou institutionnels : les Français sont dans l’ensemble très favorables à ce type de production électrique. D’après un sondage réalisé en 2009 par le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), près de 72 % des personnes sondées se déclarent pour l’implantation d’éoliennes sur leur commune. Un résultat, semble-t-il, à relativiser toutefois eu égard à la répartition géographique très inégale du parc éolien : près de 57 % de sa capacité est installée dans cinq régions seulement (par ordre décroissant : Champagne-Ardenne, Picardie, Bretagne, Centre, Lorraine).


Ce développement irrégulier est directement lié aux considérations politiques, économiques ou sociales locales, et non aux conditions climatiques. De plus, les acteurs qui souhaitent installer une capacité éolienne à un endroit donné, se voient souvent opposer la dénaturation du paysage qu’entrainerait la construction d’un parc. Un argument qui tient de moins en moins la route cependant : une entreprise espagnole vient de mettre au point des turbines d’un genre nouveau ; des mâts sans pales, conçus dans des matériaux légers et résistants pour leur permettre de vibrer suffisamment – et transformer l’énergie du vent en énergie électrique – pourraient voir le jour d’ici un an.


Le gouvernement facilite l’installation d’éoliennes


Cela permettrait, selon la firme espagnole Vortex Bladeless, de diminuer les coûts de fabrication de 53 %, ceux de l’énergie produite de 40 % et, également, de réduire l’empreinte carbone de 40 %. En France, afin de développer la filière éolienne, l’Etat a mis en place un dispositif incitatif en 2000 : l’obligation d’achat. Depuis 2013, les producteurs d’énergie éolienne – souvent des particuliers désirant se procurer une source de revenus alternative – bénéficient de cette obligation d’achat sans condition d’implantation, ni limite de puissance. Autrement dit : le gouvernement lève de plus en plus de freins juridiques à l’installation d’éoliennes, qui sont de facto toujours plus nombreuses, notamment celles mises en place par des particuliers.



Les éoliennes domestiques n’ont d’ailleurs pas besoin d’être raccordées au réseau électrique public dès lors qu’elles ont vocation à alimenter directement un foyer. Pour les personnes désirant se connecter au réseau, elle doivent en faire la demande à RTE (Réseau de transport d’électricité, filiale d’EDF) pour les grands champs éoliens ; ERDF (Electricité réseau distribution France, filiale d’EDF) ou des entreprises locales de distribution, pour les installations dont la puissance est inférieure à 12 MW. 


ERDF a d’ailleurs une mission très particulière à l’heure de la transition énergétique. Tandis qu’elle est chargée de la distribution d’électricité sur les 95 % du territoire – les 5 % restant étant gérés par des entreprises indépendantes –, la filiale d’EDF va utiliser son réseau afin d’y injecter de plus en plus d’électricité issue des EnR, au premier rang desquelles l’éolien. C’est, de plus, à partir de cette année que le groupe doit mettre en place les nouveaux compteurs électriques, baptisés Linky, dans les trois premiers millions de foyers.


Pierre angulaire des réseaux électriques intelligents – ou « smart grids » – dont le gouvernement souhaite accélérer la mise en place, ces boitiers permettent un échange de données efficient entre les consommateurs – particuliers – et ERDF. A terme, il sera possible d’intégrer l’énergie éolienne dans le circuit électrique grâce aux ramifications et connexions des smart grids. Les EnR joueront alors pleinement leur rôle de moteurs dans la transition énergétique.


Source : www.enviro2b.com



Thèmes : electricite
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