Actualité

la Vie des Réseaux  > Actualité > Le gaz de schiste au coeur du débat énergétique

Le gaz de schiste au coeur du débat énergétique

Le 11 février 2015


envoyer imprimer

Le Centre hydrocarbures non conventionnels (CHNC) a été présenté mardi par Jean-Louis Schilansky, l'ancien président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Cette structure entend dépassionner le domaine des gaz et pétroles de schistes grâce à des informations précises et argumentées.




Peut-on parler de gaz de schiste en France de manière apaisée et constructive ? Le Centre hydrocarbures non conventionnels (CHNC) entend bien le faire. Cette structure, toute nouvelle, a été présentée mardi par son fondateur, Jean-Louis Schilansky, qui vient juste de quitter ses fonctions de président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip). «Nous sommes partis d'un constat, à savoir que la production des gaz et pétrole de schiste est à l'origine aujourd'hui d'une véritable révolution énergétique, souligne l'intéressé, pour les pétroles de schiste par exemple, les livraisons s'élèvent aujourd'hui à près de 4 millions de barils par jour (mbj) aux États-Unis, soit deux fois la consommation de la France.» Jean-Louis Schilansky rappelle au passage que les gaz de schiste ne sont pas une nouveauté absolue dans le paysage énergétique puisque leur exploration a démarré il y a près de dix ans outre-Atlantique.


Le CHNC rassemble autour de lui plusieurs entreprises partenaires, comme Total, Technip, Arkema (…), de telle sorte qu'il peut se targuer d'avoir fédéré l'ensemble d'une filière industrielle. Les organismes publics, comme l'IFP Énergies nouvelles (IFPEN) et le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), ont été approchés mais ils ne sont pas membres du nouveau Centre. À cela une bonne raison: la loi aujourd'hui en vigueur interdit l'exploration des hydrocarbures en France, ce qui empêche les entités régies par les pouvoirs publics de contribuer directement au débat.


Pas question de faire le siège des élus


Précisément, quelles sont les missions exactes que s'assigne le CHNC? «Nous sommes d'abord un outil d'informations, qui veut relayer les échanges sur les hydrocarbures non conventionnels grâce à des faits précis, explique Jean-Louis Schilansky, a contrario, nous ne sommes pas un levier de lobbying. Nous n'avons aucunement l'intention de faire le siège du gouvernement ou des élus pour appuyer des thèses de manière militante.» Quant à savoir si le CHNC s'inscrit ou pas dans le sillage de l'Ufip, Jean-Louis Schilansky est très clair: «Nos deux structures n'ont rien à voir. L'Ufip est un syndicat professionnel qui défend les positions de ses membres. Cela n'est pas du tout la philosophie du CHNC.»


Le nouveau Centre ne souhaite pas seulement intervenir sur le créneau économique. À preuve, il s'est doté d'un Comité scientifique de manière à prendre en compte l'intégralité des volets - géologique, environnemental, médical… - des hydrocarbures non conventionnels. Pour l'heure, le président de la République François Hollande a fermé la porte aux gaz de schiste en France: est-ce à dire que le CHNC espère qu'un changement de majorité en 2017 puisse rouvrir le dossier? «Intéressons d'abord et avant tout aux faits: la France importe aujourd'hui la quasi-totalité de ses produits pétroliers, cela mérite réflexion, répond Jean-Louis Schilansky, finalement, nous ne sommes qu'au début de cette révolution énergétique, voilà pourquoi il faut bien se garder d'élaborer des scénarios précipités.» Le fondateur du CHNC fait notamment référence à ce qui passe en Pologne, un pays d'abord présenté comme un eldorado pour les gaz de schiste avant que les schémas de développement soient aujourd'hui beaucoup moins dynamiques.»


Source : www.lefigaro.fr



Thèmes : gaz
remonter Remonter