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Le plan de l’État pour reprendre la main sur le nucléaire

Le 16 avril 2019


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Selon Le Parisien, l’Élysée pilote un plan de refonte du fonctionnement d’EDF. Une société à capitaux presque entièrement publics pourrait regrouper les activités nucléaires, en difficulté. Le statut des employés pourrait être conservé en échange du soutien au projet.




Le nom de code du projet serait «Hercule». C’est le 28 mai qu’EDF devrait lancer sa réorganisation, avec la réunion du comité de la stratégie de son conseil d’administration qui se penchera sur une renforcement de la participation de l’État dans les activités nucléaires du groupe, rapporte Le Parisien  ce lundi. En novembre 2018, le président Emmanuel Macron avait annoncé que l’État allait réfléchir à un tel renforcement de sa participation au capital d’EDF en lien avec les enjeux et risques particuliers de l’activité nucléaire. Il avait alors demandé au groupe de revoir son modèle pour garantir le financement de ses activités, pouvant entraîner une montée de l’État à son capital. Pour l’instant, celui-ci détient 83,7% d’EDF.


Mise en place d’une holding pour les activités de production nucléaire


EDF doit se réorganiser pour soutenir sa dette élevée, de 37 milliards d’euros, et trouver les financements pour les lourds investissements à prévoir pour maintenir son parc et sa production. Quelque 15 milliards d’euros annuels sont ainsi nécessaires.


Selon Le Parisien , une structure «mère» accueillerait les activités de production d’électricité nucléaire (et peut-être celle des barrages hydroélectriques), et la commercialisation sur les marchés de gros. Dans cette holding, l’État «se rapprocherait» de 100% du capital, mais pas forcément à court terme, car cela impliquerait un investissement trop conséquent, avance le quotidien. Cette société détiendrait elle-même une filiale qui regrouperait les activités commerciales auprès des clients professionnels et particuliers. Les réseaux RTE et Enedis seraient détenus par cette filiale, mais seulement en partie, car RTE est déjà ouvert aux investisseurs privés et Enedis pourrait suivre cette voie.


L’intérêt d’une telle organisation? Pour schématiser, les activités déficitaires du nucléaire pourraient ainsi être regroupées avec un contrôle public, laissant les autres activités attirer d’autres investisseurs pour se développer plus aisément. En ce qui concerne la dette, aucune hypothèse précise n’est encore décidée, mais si elle était reprise par l’État comme sur le dossier SNCF, cela augmenterait encore l’endettement public du pays, et pourrait «agacer Bruxelles». Enfin, le statut des employés de l’entreprise, qui leur réserve certains avantages, pourrait constituer un frein à la réorganisation. Mais une source indique au Parisien  que le gouvernement pourrait faire la promesse de ne pas y toucher, en échange d’un soutien au projet.


Selon le quotidien, après le conseil d’administration, le projet de réorganisation sera ensuite présenté le 7 juin aux 200 hauts dirigeants de l’entreprise puis le 20 juin aux organisations syndicales. En fonction des retours, le projet pourrait être présenté à l’Union Européenne pour validation, puis entrer en vigueur à partir de 2021.


Source : http://www.lefigaro.fr




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