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Quand la fibre optique emprunte les couloirs du métro

Le 10 mars 2015


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La filiale de la RATP, Telcité, exploite et commercialise le réseau de fibre qui court dans les souterrains de la capitale.




Il n’y a pas que les voyageurs qui empruntent le métro parisien. Chaque jour, des milliards d’octets de données informatiques circulent dans les souterrains de la capitale : elles suivent la ligne 1, prennent une correspondance à Châtelet, s’engouffrent dans les couloirs, repartent en RER en direction de la Défense... Tout cela sans avoir à subir la cohue aux heures de pointe. Le métro représente en effet un élément stratégique pour le déploiement de la fibre à Paris : depuis une quinzaine d’années, 80.000 kms de fibre optique ont été installés, transitant par 1.800 kms de câbles. C’est l’ensemble du réseau RATP qui a été équipé : les 14 lignes de métro mais aussi les lignes A et B du RER, du moins la partie qui est gérée par la régie parisienne - certains tronçons sont utilisés par la SNCF.


C’est Telcité, filiale de la RATP créée en 1997, qui en assure le déploiement et l’exploitation. Alors que la pose de fibre optique nécessite généralement d’importants travaux de voirie, la société propose à ses clients de louer ses câbles et de passer par le métro pour connecter différents sites dans la capitale. « On dispose d’un maillage et d’une couverture exceptionnels. La garantie de sécurité, aussi, est importante, car le métro est un milieu protégé, souligne Mathieu Portier, directeur opérationnel de Telcité. Il y a peu d’incidents, et en cas de problème on peut toujours se repositionner sur d’autres lignes, en utilisant les correspondances, comme lorsqu’un métro est bloqué ».


Sous les quais du métro


Dans chacune des 303 stations de la capitale, la société a installé des armoires informatiques dans les locaux techniques de la RATP pour raccorder la fibre. En station, les câbles sont disposés sous les quais où patientent les voyageurs. Ils ressortent pour longer les parois des tunnels du métro, courent sous la voûte, se scindent lorsqu’il y a des correspondances. Dupliqués pour raison de sécurité, ils se fondent dans la masse des autres câbles (électrique, signalisation...). Pour mieux les localiser, ils sont dotés d’une étiquette sur lequel est inscrit un numéro et une destination.


En station, ils empruntent aussi les étroits couloirs de canalisations, disposés sous les voies, et qui font la jonction avec les égouts parisiens. « C’est ce qui fait l’intérêt de ce réseau, estime Bertrand Lenoir, le directeur général de Telcité. Les points d’accès sont facilement identifiables pour nos clients ». En surface, l’opérateur peut aussi emprunter les fourreaux de l’ex-France Telecom ou effectuer lui-même les travaux pour aller raccorder ses clients.


Le réseau du futur Grand Paris


Après une rapide expansion à la fin des années 90 et au milieu des années 2000, Telcité croît de façon linéaire. Le chiffre d’affaires s’élevait à 19,5 millions d’euros en 2014, et pourrait atteindre les 20 millions cette année. « On s’applique à densifier le réseau de fibre, on équipe les nouvelles stations en construction », explique Bertrand Lenoir, qui précise que la fibre Telcité longe aussi les voies du Tram. Mais pas d’explosion de croissance à attendre. On ne construit pas de nouvelles lignes tous les jours !


Si elle lorgne sur le réseau du futur Grand Paris, la société, qui réalise trois quart de ses revenus avec des opérateurs télécoms - SFR et Bouygues Telecom sont les plus gros, alors qu’Orange exploite ses propres fourreaux -, tente de diversifier son portefeuille de clients. De plus en plus d’entreprises font appel à ses services pour se raccorder aux gros data centers implantés dans la capitale, où ils ont déplacé une partie de leur informatique.


Source : www.lesechos.fr



Thèmes : telecom
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