Actualité

la Vie des Réseaux  > Actualité > RWE opte pour une organisation simplifiée

RWE opte pour une organisation simplifiée

Le 11 août 2015


envoyer imprimer

Handicapé par l'essor des énergies renouvelables et la baisse du prix de l'électricité, le deuxième groupe d'énergie allemand RWE a annoncé lundi une simplification de son organisation, espérant ainsi rebondir alors qu'il devrait dévoiler un bilan financier trimestriel négatif jeudi.




RWE va être transformé en une société opérationnelle et fusionner en son sein la plupart des (actuelles) sociétés allemandes de RWE, a indiqué, dans un communiqué, le groupe, à l'issue d'une réunion exceptionnelle de son conseil de surveillance, qui a donné son feu vert.


Censés réduire la bureaucratie du groupe, ces différents changements d'organisation en Allemagne, notamment la réduction de 70% du nombre de conseils de surveillance, entreront en vigueur au 1er janvier 2017.


Tous les sites du groupe seront maintenus, assure, sans autre détail, RWE, dont les effectifs ont déjà fortement diminué.


Le nouveau RWE sera plus rapide et plus flexible, a assuré, dans le communiqué, son patron Peter Terium.


Cette annonce, attendue et dont les contours avaient déjà été largement évoquées dans la presse, a permis à l'action RWE de rebondir à la Bourse de Francfort, où elle avançait de 0,31% à 19,27 euros à 15H18 GMT.


Comme son grand concurrent allemand EON, le suédois Vattenfall ou encore le français Engie (ex-GDF-Suez), RWE subit de plein fouet les effets de la transition énergétique à l'oeuvre en Europe, qui subventionne le développement des renouvelables aux dépens du gaz et du charbon et qui en Allemagne verra la fermeture progressive des centrales nucléaires.


Perte nette attendue pour le 2T


Premier opérateur de centrales au charbon d'Europe et propriétaire de plusieurs réacteurs en Allemagne, RWE souffre particulièrement des nouvelles orientations de politique énergétique. Le sol s'est dérobé sous nos pieds, a reconnu par le passé Peter Terium.


Le courant vert subventionné est prioritaire pour alimenter le réseau, ce qui laisse sur la touche les centrales au gaz et au charbon. L'écroulement des prix de gros de l'électricité pénalise aussi fortement les énergéticiens.


Entre 2010 et 2014, le bénéfice net de RWE a été divisé par trois. Au gré des cessions et restructurations, le nombre de salariés a fondu de 10.000 (contre près de 60.000 à fin 2014) et la dette atteint des sommets.


Jeudi matin, le groupe doit dévoiler ses performances du deuxième trimestre. A la peine au premier trimestre déjà, RWE n'a pas caché qu'une embellie dans le courant de l'année était improbable.


Pour la période de trois mois achevée fin juin, les analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset tablent sur une perte nette de 89 millions d'euros et un chiffre d'affaires à peu près stable à environ 10,4 millions d'euros.


Là où EON a voté pour une cure radicale avec une scission du groupe en deux (d'un côté, les vieilles activités - production fossile d'électricité et nucléaire - et de l'autre celles d'avenir, à savoir les renouvelables, les réseaux, les services autour de l'énergie), RWE opte pour des adaptations moins spectaculaires.


Il a récemment vendu sa division d'exploitation gazière et pétrolière RWE Dea et amplifié ses investissements dans les renouvelables, domaine dans lequel, de l'aveu même de son patron, il avait raté le coche.


Créé à la fin du 19è siècle à partir d'une centrale électrique à Essen, RWE reste en partie la propriété d'un groupe de communes de la région industrielle de la Ruhr (ouest), qui détient une minorité de blocage dans son capital, et veille jalousement au maintien des activités et à la préservation de l'emploi dans la région, encore un important bassin minier.



Thèmes : electricite
remonter Remonter