Éolien offshore. Un parc allemand XXL

Le 30 octobre 2018


L’entreprise espagnole Iberdrola a inauguré, ce lundi 29 octobre, son premier parc éolien offshore en Allemagne. Un investissement de 1,4 milliard d’euros, et de multiples emplois pour la région, qui fait du groupe ibérique un des acteurs du marché de l’électricité en Allemagne. De son côté, la France, deuxième façade maritime au monde, continue à prendre du retard dans l’éolien offshore.




Dix-huit à zéro. C’est le score du match entre l’Allemagne et la France dans la compétition de l’éolien offshore. C’est bien simple, alors que l’Hexagone ne compte aucun parc éolien en mer, à l’exception de deux démonstrateurs flottants à l’essai, et que le premier parc breton, celui de Saint-Brieuc, ne doit entrer en service qu’en 2023, le voisin allemand ne cesse d’en inaugurer, notamment en mer Baltique. Ce qui en fait le numéro 2 de la filière derrière la Grande-Bretagne.


C’était encore le cas ce lundi avec la présentation officielle du parc éolien Wikinger porté par Iberdrola, premier groupe énergétique espagnol et l’une des cinq grandes compagnies d’électricité au monde. Le même Iberdrola qui détient 70 % de la société Ailes Marines, porteuse du projet de parc éolien en baie de Saint-Brieuc.


« Wikinger représente une nouvelle étape dans notre engagement à fournir de l’électricité propre », se félicite Ignacio Galan, le président d’Iberdrola. « Ce parc éolien est un exemple clair de technologie avancée qui met en valeur l’énorme potentiel de l’industrie énergétique de l’Europe pour conduire la réindustrialisation du continent ».


350 emplois locaux dans l’éolien offshore


À Sassnitz, ville de 10 500 habitants où est situé le port de maintenance du parc de Wikinger, l’idée d’installer ces géants d’acier que sont les éoliennes en plein cœur de la mer Baltique ne fait presque plus débat. « Ici les gens sont conscients des retombées économiques des parcs offshore », assure Frank Kracht, le maire de Sassnitz. « 350 personnes travaillent dans l’éolien offshore dans la ville. Plus 500 emplois indirects ». Frank Kracht est même en négociation avec Iberdrola pour que l’entreprise espagnole déménage son siège allemand de Berlin à Sassnitz.


Situé à quelque 30 km des côtes, le parc de Wikinger est composé de 70 éoliennes, réparties sur 34 km². Avec ses 350 MW connectés au réseau allemand, Wikinger peut désormais alimenter 350 000 foyers du Land de Mecklenburg-Vorpommern. Un parc, dont le projet avait été lancé en 2010, qui aura coûté 1,4 milliard d’euros.


Un investissement sur le long terme. Des négociations avec l’État fédéral allemand ont fixé le prix de rachat de l’électricité produite à 194 € du MW. Et ce, pendant onze ans et demi en ce qui concerne Wikinger. « Ensuite, nous vendrons l’électricité au prix du marché », détaille Patricia Salamanca Martinez, la chef de projet de Wikinger pour Iberdrola.


Deux milliards de livres investis en Angleterre


Iberdrola ne compte pas s’arrêter là. Alors qu’il porte déjà deux nouveaux projets de parcs éoliens en mer Baltique allemande, le groupe ibérique doit aussi mettre en service, en 2020, le East Anglia One dans les eaux britanniques de la mer du Nord. L’un des plus gros parcs éoliens en mer au monde dont l’investissement est estimé à 2,5 milliards de livres sterling.


De l’autre côté de l’Atlantique, Iberdrola a également été choisi pour construire un parc éolien au large de la côte nord-est des États-Unis. Quant au premier parc breton, il faudra encore attendre 2020, et la décision finale d’investissement, pour avoir la certitude de le voir sortir de l’eau. « Cette décision est une étape obligée mais le projet briochin se fera », assure Emmanuel Rollin, le directeur d’Ailes Marines.


Source : www.letelegramme.fr




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